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1918 Le centenaire 2018

Article goupillé par JM Bonay Di Gianantonio
D'après les sources d'informations de la Mission du Centenaire.

 

Le centenaire de l'Armistice en 6 épisodes

 

EPISODE 1 - 1918 Découvrir le centenaire 2018

Appelée Grande Guerre, la guerre de 1914-1918 marque un tournant dans l'histoire de l'humanité. Le bilan est lourd : 15 à 20 millions de morts. Jamais une guerre n'avait fait tant de victimes en si peu de temps. En hommage aux soldats, des milliers de monuments aux morts sont édifiés dans les villes et les villages. Après l'enfer vécu, cette guerre ne peut être que la « der des der ». Tous rêvent de paix durable. Le 28 juin 1919, après 8 mois de négociations, le traité de Versailles met fin à la Première Guerre mondiale. Ce traité de paix redessine la carte de l'Europe. L'Allemagne, désignée comme responsable, doit payer les dégâts causés par la guerre. La Société des Nations voit le jour pour veiller à la paix dans le monde. En 1946, elle deviendra l'ONU.

LE CENTENAIRE DE TOUS LES FRANCAIS

100 ans après, qu’ont à nous dire les millions de morts, de blessés, de soldats, de femmes, d’enfants, de familles qui ont enduré la Première Guerre mondiale dans le monde entier ? Quel sens donné à ce traumatisme mondial dans le monde d’aujourd’hui ? Que transmettre à nos enfants ? A quoi cela sert-il de se souvenir ?

11 novembre : anniversaire de l'armistice de 1918 et hommage à tous les morts pour la France

 

Le 11 novembre célèbre à la fois l'Armistice du 11 novembre 1918, la Commémoration de la Victoire et de la Paix et l'Hommage à tous les morts pour la France. Pour commémorer l'anniversaire de l'armistice de 1918, la journée du 11 novembre fut instituée par la loi du 24 octobre 1922 "journée nationale pour la commémoration de la Victoire et de la paix". La loi du 28 février 2012 élargit la portée à l'ensemble des morts pour la France. C'est donc la reconnaissance du pays tout entier à l'égard de l'ensemble des Morts pour la France tombés pendant et depuis la Grande Guerre qui s'exprime aujourd'hui, particulièrement envers les derniers d'entre eux, notamment en opérations extérieures.Armistice1

La commémoration de l'armistice du 11 novembre est l'une des journées nationales instituées par des textes législatifs et réglementaires. Jour d'hommage et de recueillement, elle donne lieu chaque année à des cérémonies commémoratives devant les monuments aux morts des communes de France.

Signé le 11 novembre 1918 près de Rethondes, l'armistice mit un terme à la Première Guerre mondiale qui fit plus d'un million de morts et presque six fois plus de blessés et de mutilés parmi les troupes françaises. Malgré l’étendue des destructions, le soulagement fut immense et la joie s’empara de chaque commune. Le 11 novembre 1920, la dépouille d'un Soldat Inconnu fut inhumée sous l’Arc de Triomphe à Paris où la flamme est ravivée tous les soirs par le Comité de la flamme et des représentants d’associations.

 

 

EPISODE 2 - Patrimoine commémoratif de la première guerre mondiale

 

 

A l’heure où s’ouvrent les célébrations du centenaire de la Grande Guerre, le patrimoine commémoratif en demeure la trace la plus visible en Normandie.

Son étude est l’occasion de mieux comprendre l’expérience que fut cette guerre totale pour les 39 millions de Français de l’époque. Véritable passeur de mémoire, le patrimoine commémoratif nous renseigne à la fois sur les grandes étapes du conflit, sur les cultures politiques ou religieuses locales, sur la sensibilité locale et la volonté de mémoire.

 

LES MONUMENTS AUX MORTS

Elevés pour rendre hommage à tous ceux morts pour la France, ils sont aujourd’hui des éléments familiers du paysage français. En Normandie comme partout en France, la presque totalité des communes en ont érigé un entre 1919 et 1939. S’ils se distinguent rarement par leur originalité ou leur esthétique (le contexte de leur réalisation ne s’y prêtait guère), ils n’en constituent pas moins de remarquables témoins de l’histoire des mentalités de l’époque.

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LES VITRAUX DU SOUVENIR

 

Installées dans les églises pour honorer les morts de la paroisse, les verrières apparaissent beaucoup plus rares dans notre région. Cette forme toute particulière d’art commémoratif tient sa spécificité de son caractère religieux, et de l’incursion du culte du souvenir dans l’art sacré du vitrail.

La Grande Guerre en Normandie

 

Pendant la Première Guerre mondiale, la Normandie se situe en retrait des zones de combat mais on peut entendre certains jours les canons du front de la Somme tonner. Placée immédiatement en retrait, la région sert aux Alliés de base logistique. La guerre dynamise des secteurs économiques comme la sidérurgie, le textile et le trafic portuaire. Elle amène dans la région des réfugiés du nord de la France et de Belgique. Certains resteront à l’issue du conflit. Mais ces arrivées ne compenseront pas les lourdes pertes humaines sur le front.

 

 

 

 

EPISODE 3 - Mort pour la France

 

 

Dès 1914, la qualité de « Mort pour la France » est attribuée aux civils et aux soldats victimes de la Première Guerre mondiale ; ainsi, tout au long du conflit, le ministère de la Guerre tient à jour un fichier de tous les soldats honorés de cette mention qui répondait à des critères précis : seules les personnes décédées entre le 2 août 1914 et le 24 octobre 1919, morts sur le champ de bataille ou à cause de dommages directement imputables au conflit, étaient susceptibles de la recevoir.Soldat 1418

Par la loi du 25 octobre 1919, « relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande guerre », l’État lance le projet d'unLivre d'orcomprenant les noms de tous ces héros anonymes, qui serait déposé au Panthéon. Le ministère des Pensions, nouvellement créé, est chargé d'établir, à partir du fichier existant, la liste des Morts pour la France de chaque commune ; il l'adresse en 1929 aux maires qui la contrôlent et l'amendent. Des correspondances témoignent souvent de ces échanges entre les deux parties. Toutefois, les décalages entre les noms figurant sur les monuments aux morts et ceux des Livres d'or proviennent du fait que la liste du ministère est établie en 1929 alors que les monuments aux morts ont presque tous été érigés entre 1920 et 1925. En 1935, la présentation matérielle du futur Livre d'or est fixée : 120 volumes devaient être imprimés en plusieurs exemplaires, dont un serait déposé au Panthéon. Les contraintes budgétaires, puis le début de la Seconde Guerre mondiale, mirent fin au projet, en laissant subsister la documentation préparatoire.

Les listes

 

Les Archives nationales conservent ainsi pour chaque commune française, la liste des soldats Morts pour la France, classée par ordre alphabétique des départements puis des localités. Ces listes nominatives communales permettent de connaître les nom et prénom de chaque personne, ainsi que la date et le lieu de son décès. Le lieu de sépulture, en revanche, n'est pas indiqué, pas plus que l'unité à laquelle le soldat était rattaché. En principe, les personnes mentionnées sont celles qui sont nées ou résidaient dans la commune au moment de la mobilisation, mais un flou a longtemps subsisté sur cette question ; c'est ce qui explique, pour une part, les divergences entre les listes communales de Morts pour la France et les noms portés sur les monuments aux morts.

 

 

 

 

EPISODE 4 - Les origines du conflit

Les rivalités européennes.


Depuis la fin du 19e siècle, les économies des pays européens sont fortement concurrentes pour la recherche de nouveaux marchés et débouchés, ce qui entraîne de nombreuses conséquences : des rivalités coloniales : en 1905 et 1911 par exemple, la France et l'Allemagne évitent deux fois une guerre à propos du Maroc. A cette occasion, l'Allemagne se rapproche de l'Empire ottoman et se dote d'une importante flotte de guerre qui menace la supériorité navale britannique. une course aux armements, qui s'est accélérée dans les années précédant 1914 : augmentation des dépenses militaires, promulgation de lois pour accroître les effectifs militaires des tensions nationalistes : si la France n'a pas oublié la perte de l'Alsace-Lorraine en 1871, peu de Français souhaitent la guerre pour récupérer les "provinces perdues". Mobilisation 1914Les tensions sont en revanche beaucoup plus vives dans les Balkans où la Serbie veut regrouper Serbes et Slaves du Sud (Croates, Bosniaques…) au sein d'un même Etat. Soutenue par l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie s'y oppose tandis que la Serbie est soutenue par la Russie qui souhaite étendre son influence dans les Balkans.
Ces tensions et rivalités expliquent l'organisation de deux systèmes d'alliance : la Triple Alliance de l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et de l'Italie face à la Triple Entente de la France, de la Russie et du Royaume-Uni.
Le foyer de tensions des Balkans et la rigidité des systèmes d'alliance créent donc une situation à risques.

Chronologie d'une guerre jugée inévitable

28 juin 1914        Assassinat de l'archiduc François Ferdinand héritier du trône d'Au-triche-Hongrie à Sarajevo, dans la province de Bosnie-Herzégovine récemment annexée par l'Autriche aux dépens de la Serbie. L'auteur de l'attentat, l'étudiant Gavrilo Princip et ses     complices, membres du groupe nationaliste "Jeune Bosnie", souhaitent ainsi montrer leur refus d'apparte-nir à l'empire d'Autriche-Hongrie.
23 juillet 1914 Après concertation avec l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, saisissant l'occa-sion d'en finir avec la Serbie, lui adresse un ultimatum rédigé de manière inacceptable puis lui déclare la guerre
28 juillet 1914 La Russie, protectrice de la Serbie, décrète la mobilisation générale sans consulter la France. L'Allemagne la somme d'y renoncer, sans succès.
1er août 1914 L'Allemagne et la France décrètent la mobilisation. L'Allemagne déclare la guerre à la Russie.
2 août 1914 L'Allemagne envahit la Belgique.
3 août 1914 L'Allemagne déclare la guerre à la France.
4 août 1914 L'Angleterre, jusqu'alors hésitante, déclare la guerre à l'Allemagne.

 

 

Entrée en guerre et Union Sacrée


Si les populations européennes, surtout dans les campagnes, sont loin d'avoir accueilli la guerre avec enthousiasme, les soldats partent cependant avec la conviction de contribuer à la défense nationale.
D'importantes manifestations pour la paix ont lieu en juillet et encore au début du mois d'août à Londres. Le 31 juillet, Jean Jaurès est assassiné par Raoul Villain, un nationaliste exalté. C'est la fin du pacifisme.
Tous les partis politiques, y compris les socialistes, se déclarent unis devant l'agression de l'Alle-magne. En France, il n'est même pas nécessaire de procéder aux arrestations des antimilitaristes. Des gouvernements d'union nationale se forment : c'est "l'Union Sacrée".

 

 

 

EPISODE 5 - L'Eure, terre d'accueil et d'entraide

 

Réfugiés et évacués

Du fait de sa proximité des zones de combat, le département de l’Eure accueille de nom-breux réfugiés et évacués. Dès août 1914, affluent ressortissants belges et luxembourgeois, ainsi que de nombreuses familles originaires du Nord et de l’Est de la France. Les étrangers, ainsi que les Alsaciens-Lorrains, qui sont alors sous domination allemande, sont soumis à de sévères contrôles, suspectés d’es-pionnage. Rassemblés dans les principales agglomérations, ils sont ensuite dirigés vers divers lieux d’ac-cueil, où les populations les reçoivent plus ou moins chaleureusement.
Puis ils sont embauchés dans les usines utiles à l’effort de guerre grâce à l’Office central de placement des chômeurs et réfugiés, créé dès le 28 août 1914, ou reçoivent des lopins de terre à exploiter en l’absence de leurs propriétaires partis sur le front. Une indemnité leur est versée, en fonction de leur origine géographique, de la taille de la famille et de leurs ressources. Images 1 4A la fin de la guerre, beaucoup souhaiteront rester sur le territoire français. Ils doivent alors prouver que leurs biens ont complètement été détruits dans leur pays ou région d’origine. Ceux dont la demande est acceptée après enquête serviront à remplacer la main d’oeuvre masculine décimée sur le front.

 

Les hôpitaux militaires

Le département de l’Eure accueille entre 1914 et 1918 plusieurs hôpitaux militaires, appelés " hôpitaux auxiliaires ", car le rapatriement des blessés est assez rapide depuis les zones de combat. A Evreux, ils sont installés dans les locaux de l’ancienne abbaye Saint-Taurin ou du Lycée. On en trouve aussi à Vernon, à Bémécourt (dans le château de Souvilly) ou encore à Orgeville. En effet, les locaux de l’OEuvre Bonjean, destinés à recevoir de jeunes délinquants, sont transformés en un vaste hôpital pouvant soigner plusieurs dizaines de blessés.
Ce sont souvent des bâtiments civils réquisitionnés pour leur grande capacité d’accueil et la facilité à les transformer en bâtiments sanitaires. Ils emploient médecins et chirurgiens, secondés par de nombreuses femmes qui se sont engagées comme infirmières. En effet, si certaines d'entre elles sont par-ties au front, la grande majorité oeuvre dans les hôpitaux militaires à l'arrière.

Etre un enfant dans la guerre

 

L'héroïsme enfantin

Des cas d'héroïsme enfantin sont attestés : ils demeurent marginaux mais deviennent un instrument de propagande largement diffusé par la littérature destinée à la jeunesse et par l'école. C'est le cas des quelques "fugues héroïques" qui poussent des enfants, parfois très jeunes, à quitter de leur propre initiative le domicile familial pour aller combattre aux côtés des soldats sur le front.
L'exemple le plus célèbre est celui de Jean-Corentin Carré, jeune Breton du Faouët, engagé volontaire dans l'infanterie à 15 ans grâce à un faux état-civil et qui trouva la mort en combat aérien en 1918. Considéré comme le digne héritier de Bara et Viala, jeunes héros de 1793, son histoire est citée en exemple auprès des enfants des écoles par le biais d'une brochure rédigée par un inspecteur d'académie.Le courage


Le patriotisme enfantin au quotidien

Les enfants baignent dans un climat d'exaltation patriotique, à l'école comme dans leurs loisirs. Ils doivent se montrer dignes de ces enfants-héros ou des soldats sur le front et leur témoigner, à leur manière, leur fraternité.
Très engagés dans les oeuvres de guerre, les enfants participent aux souscriptions organisées soit en apportant leur propre contribution (souscription en faveur du monument Guynemer au Panthéon), soit en recueillant des sommes versées en échange d'insignes commémoratifs, cocardes, petits drapeaux, mé-dailles (journée du Poilu…). Les filles contribuent à l'effort de guerre en réalisant différents travaux de couture pour les soldats ou les blessés des hôpitaux militaires.
En classe, les enfants sont informés des opérations militaires, en particulier au cours de la leçon d'histoire. De nombreuses lettres adressées par les écoles du département de l'Eure témoignent de la décision des enfants de renoncer à leurs prix pour en consacrer la somme à l'achat de vêtements chauds pour les soldats. Les enfants sont invités à assister aux obsèques des soldats morts pour la Patrie, en particu-lier dans les établissements scolaires transformés en hôpitaux militaires (lycée d'Evreux, etc.…).
A la fin de la guerre, un grand nombre d'enfants, après avoir connu l'absence et l'attente de leur père, apprennent qu'ils ne le reverront plus.

 

 

 

EPISODE 6 - L'Armistice

 

FIN DU CONFLIT

 

Le 11 novembre 1918, à 4h de l'après-midi dans l'hémicycle du Palais Bourbon comble, « des applaudissements s'élèvent, grandissent, se propagent, et l'on voit s'avancer, très entouré, un vieillard, la tête nue et un peu courbée, vêtu de gris, les bras tombants, comme lassés, donnant l'impression d'un homme brisé par l'émotion qui l'étreint » (Le Temps, 12 novembre 1918). Georges Clemenceau, président du Conseil depuis le 20 novembre 1917, lit les clauses de l'armistice signé le matin même.Tribune clemenceau

La signature de l'Armistice

 

EXTRAITS DE LA CONVENTION D'ARMISTICE DU 11 NOVEMBRE 1918

 

« Entre le maréchal Foch, commandant en chef les armées alliées stipulant au nom des puissances alliées et associées, assisté de l’amiral Wemyss, First Sea Lord, d’une part ;
Et M. le secrétaire d’Etat Erzberger, président de la délégation allemande,
M. l’envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire, comte von Obendorff,

M. le général d’état-major von Winterfeld, Journal Le Matin
M. le capitaine de vaisseau Vanselow, 
Munis de pouvoirs réguliers et agissant avec l’agrément du chancelier allemand, d’autre part,

il a été conclu un armistice aux conditions suivantes :

a) Conditions de l’armistice conclu avec l’Allemagne sur le front d’Occident.

1. Cessation des hostilités, sur terre et dans les airs, six heures après la signature de l’armistice.

2. Évacuation immédiate des pays envahis : Belgique, France, Luxembourg, ainsi que l’Alsace-Lorraine, réglée de manière à être réalisée dans un délai de quinze jours à dater de la signature de l’armistice. [...] L’occupation par l’ensemble des troupes alliées et des États-Unis, suivra dans ces pays la marche de l’évacuation. [...]

3. Rapatriement, commençant immédiatement et devant être terminé dans un délai de quinze jours, de tous les habitants des pays énumérés ci-dessus. [...]

4. Abandon par les armées allemandes du matériel de guerre suivant, en bon état : 5 000 canons (dont 2 500 lourds et 2 500 de campagne), 25 000 mitrailleuses, 3 000 Minenwerfer, 1 700 avions de chasse et de bombardement. [...]

5. Évacuation des pays de la rive gauche du Rhin par les troupes allemandes. Les pays de la rive gauche du Rhin seront administrés par les autorités locales, sous le contrôle des troupes d’occupation des Alliés et des États-Unis. Les troupes des Alliés et des États-Unis assureront l’occupation de ces pays par des garnisons tenant les principaux points de passage du Rhin (Mayence, Coblence, Cologne) [...] 
 L’évacuation par l’ennemi des pays du Rhin (rive gauche et rive droite) sera réglée de façon à être réalisée dans un délai de seize nouveaux jours soit trente et un jours après la signature de l'armistice. [...]

6. Dans tous les territoires évacués par l’ennemi, toute évacuation des habitants sera interdite. Il ne sera apporté aucun dommage ou préjudice à la personne ou à la propriété des habitants. Personne ne sera poursuivi pour délit de participation à des mesures de guerre antérieures à la signature de l’armistice.
 Il ne sera fait aucune destruction d’aucune sorte. [...]
 Il ne sera pris aucune mesure générale ou d’ordre officiel ayant pour conséquence une dépréciation des établissements industriels ou une réduction dans leur personnel.

7. Les voies et moyens de communication de toute nature, voies ferrées, voies navigables, routes, ponts, télégraphes, téléphones… ne devront être l’objet d’aucune détérioration. Tout le personnel civil et militaire actuellement utilisé y sera maintenu. Il sera livré aux puissances associées : 5 000 machines montées et 150 000 wagons en bon état de roulement et pourvus de tous rechanges et agrès nécessaires [...] 
 Il sera également livré 15 000 camions automobiles en bon état dans un délai de trente-six jours. [...]

8. Le commandement allemand sera tenu de signaler dans un délai de quarante-huit heures après la signature de l’armistice toutes les mines ou dispositifs à retard agencés sur les territoires évacués par les troupes allemandes et d’en faciliter la recherche et la destruction. [...]

9. Le droit de réquisition sera exercé par les armées des Alliés et des États-Unis dans tous les territoires occupés, sauf règlement de comptes avec qui de droit. L’entretien des troupes d’occupation des pays du Rhin (non compris l’Alsace-Lorraine) sera à la charge du gouvernement allemand.

10. Rapatriement immédiat, sans réciprocité dans des conditions de détail à régler, de tous les prisonniers de guerre y compris des prévenus des Alliés et des États-Unis. [...]
 Le rapatriement des prisonniers allemands sera réglé à la conclusion des préliminaires de paix [...]

11. Les malades et blessés inévacuables restés sur les territoires évacués par les armées allemandes, seront soignés par du personnel allemand qui sera laissé sur place avec le matériel nécessaire. [...]

d) Clauses générales

19. Sous réserves de toute revendication et réclamation ultérieures de la part des Alliés et des États-Unis.
 Réparation des dommages.
 Pendant la durée de l’armistice, il ne sera rien distrait par l’ennemi des valeurs publiques pouvant servir aux Alliés de gage pour le recouvrement des réparations. 
 Restitution immédiate de l’encaisse de la banque nationale de Belgique et en général remise immédiate de tous documents, espèces, valeurs (mobilières et fiduciaires, avec le matériel d’émission) touchant aux intérêts publics et privés dans les pays envahis. 
 Restitution de l’or russe ou roumain pris par les Allemands ou remis par eux. Cet or sera pris en charge par les Alliés jusqu’à la signature de la paix. [...

f) Durée de l’armistice

34. – La durée de l’armistice est fixée à trente-six jours avec faculté de prolongation.
Au cours de cette durée l’armistice peut, si les clauses ne sont pas exécutées, être dénoncé par l’une des parties contractantes, qui devra en donner le préavis quarante-huit heures à l’avance. […] Pour assurer dans les meilleures conditions l’exécution de la présente convention le principe d’une commission d’armistice internationale permanente est admis. Cette commission fonctionnera sous la haute autorité du commandement en chef militaire et naval des armées alliées.

Le présent armistice a été signé le 11 novembre 1918, à cinq heures (heure française).

Le bleuet de France, la fleur du souvenir français

L’histoire de la création du Bleuet de France débute, au sortir de la Première Guerre mondiale, à l’Institution Nationale des Invalides.
Aux origines du Bleuet de France, Charlotte Malleterre et Suzanne Leenhardt, toutes deux infirmières au sein de l’Institution nationale des Invalides, qui souhaitaient venir en aide aux mutilés de la Première Guerre en créant dès 1925 un atelier pour les pensionnaires des Invalides dans lequel ils confectionnaient des fleurs de  Bleuet en tissu pour  reprendre goût à la vie et subvenir en partie à leurs besoins par la vente de ces fleurs.
 
Bientôt cette initiative se développe et prend une dimension nationale : la Nation veut témoigner de sa reconnaissance et venir en aide à ces hommes qui ont sacrifié leur jeunesse à défendre la France.
 
C’est pourquoi, il est décidé à l’occasion du 11 novembre 1934, de vendre, pour la première fois, les fleurs de bleuet fabriquées par les anciens combattants sur la voie publique dans la capitale : 128 000 fleurs seront vendues ! 
Dès 1935, l’État décide de la vente officielle du Bleuet chaque 11 novembre partout en France. Après la seconde Guerre mondiale, en 1957, l’Etat décide de créer un deuxième jour de collecte chaque 8 mai. 
Héritier d'une tradition de soutien aux victimes des conflits du XXe siècle, le Bleuet est aujourd'hui une manière de préparer un avenir solidaire pour tous.

 

 

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Date de dernière mise à jour : mercredi, 07 août 2019